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01. Vulgum Pecus
02. Paria
03. Rahu
04. Eros
05. Monosis
06. Hel
07. Thokk
08. Suivant



01. Vulgum Pecus

[Instrumental]


02. Paria

Soleil seul, sans ombre,
Sur les intestins de la chimère
De cette cité sombre,
Où les hommes enfilés se noient de rêves.

J'ai vu cette perle en peine
Où grouillent nombre de petits points noirs,
Ces viles fourmis hautaines
Qui mangeaient son cur sans miroir.

J'ai vu les fils difformes
Dominer cette lune sans nuit
A l'article du maitre d'orchestre
Qui de sa plume rythme la vie.

J'ai vu le coin de l'univers,
Cette légère couleur de verre
Diluer l'ordre et créer l'entropie,
Souffrir d'air et manquer d'oubli.

J'ai vu ce vide patent,
Cette cruelle vanité,
Cette dernière étincelle sanction.

Je suis le corbeau blanc
Celui qui voudrait s'élever
Mais entouré des lueurs du passé
Je ne peux qu'admirer le néant.

Je suis le corbeau blanc
L'oiseau affranchi du temps
Survivant de l'ennui
Je deviendrais ce que je suis.


03. Rahu

C'est un funeste ivrogne qui soupe ce soir,
qui de mon cerveau sur sa balançoire
Se gorge salement.
Valsant en mesure en ce terne manoir
Qu'est mon crâne affable, répugnant crachoir,
Il gerbe à torrent ses acides ventrailles
Noyé dans le sang, recouvert de failles
Résonnent ces broiements dans ma tête.
Raisonnent ces errements dans ma tête.
Cette comptine vicieuse qui crève le silence
Savoureuse putain au goût d'abstinence.

Mais revoilà que titube l'imbriaque .
Pansant au rythme des larmes dionysiaques
Foulant gaiment ce cimetière de pensées
Il racle de la langue l'amère absurdité.

Il faut l'imaginer heureux
Dans ce monde follement silencieux
Car les moyens justifient la fin.
Mais le rocher roule encore.

Le rocher roule encore...


04. Eros

Jubile folle brume au vicieux bouquet
Ruisselle dans 'une des tristes vallées
Commet le crime du serpent noyé
Ainsi sera ton sort d'aliéné
Tu vis de honte et de vanité
Imbue de ta longue crinière grisée
Ne déshonore pas tes frêles promis
Ou tu finiras dans l'air des maudits.
Sangsue sanglante sans sentiment
Sens le sens de ces cent qui te vantent
Goûte au plaisir de la liberté :
Oubli ton être et ses plats reflets.
La beauté prend souvent l'intelligent au douloureux piège du désir.
Seul l'idiot reste impassible.
Seul le fou reste paisible.


05. Monosis

Seul. Seule s'élève la Lune
Seule elle écrase les ténèbres.
Des larmes jaunes croulent de folie
Trouant le noir, elles fuient son lit.

Le vieux clown attend, le sourire coulant
Il attend la fin, perdu dans ce champ.
L'accordéon en chur il perce le vent
L'accord du Léon se meurt, elle seule l'entend.

Lassé de tromper le sort des vivants
Ce théâtre de pleurs et de faux sentiments
Il accompagne doucement son vieux compagnon
De sa voix fragile il pleure la fin d'une saison.

Le vieux Léon est mort


06. Hel

Libéré du cercle des temps et de ces lois sans fin
Je flotte tel un ange dans ce douloureux essaim.
Goute à celui qui berce
Goute à celle qui perce
Cette ivresse d'ombre qui ouvre l'infini
Ce voile blanc qui tombe et tue l'envie.

Aujourd'hui je vois l'insensé, le néant
Cette futile rage qui nous sert d'écran
La beauté, la laideur, la pureté et la peur
Drôle de jouet que ce monde de pleurs.

Le chemin n'est que souffrance
La lumière qu'espérance.

Elle approche, elle m'attire
Elle se glisse près des rires
Mais je ne suis qu'un vers impuissant
Au centre de ces beaux draps blancs.

C'est la seule qui m'aura fait vivre...


07. Thokk

La fanfare s'installe
Les cuivres geignent, pitoyables...
Couvrant de larmes en mineur ces borgnes
Grincent les cordes en crin de charogne.

Les festivités peuvent débuter
Le bal est ouvert au plus écopé
En ce sombre et dense décor
Ballent des ombres et dansent des cors.

Débauche et vice bercent l'église
Car ici piété rime avec méprise.

L'ivresse dénude des chicots pourris.
Des langues aigries et des tristes orgies.
Ballet mortuaire en guise de deuil

Les poivrots du coin tiennent à leur il
J'entends d'ici la foule se tordre

Les tombes sont bien plus fleuries que les lits de mort...


08. Suivant

[Instrumental]