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Fange - Privation lyrics



Tracks



01. À La Racine

Je n’sais tenir rigueur, n’étant que de passage;
Perpétuel fugueur, mes credos pour seuls bagages.

Mais pourtant comment conserver son innocence
Devant ces errances grandioses que l’on assassine?
Est-ce donnant-donnant tant s’est plombée la balance,
Tant leur lisier arrose mon mal à la racine?

Je ne donne plus, je reprends - ravale tes espoirs!
Je ne donne plus, je reprends - quitte à décevoir.
Je ne donne plus, je reprends - vie à contre-pied.
Je ne donne plus, je reprends - sans vice à expier!

Rôdé aux migraines à force de tourner le dos,
je reprends sans crier gare, sans faire de manières.
Et faudrait rendre gloire aux idoles de poussières?
Quand bien même ils me freinent, je reprends mes fardeaux.

Au feu les faux-ailleurs, qu’ils finissent en charpie,
Seul et unique fossoyeur de mes utopies.

02. Sang-Vinaigre

Grasses lampées de sang épais payées sur la bête,
Dansant comme cent épées au-dessus de ma tête,
Je mène mes vagabondages sans lever les yeux;
M'en faudra davantage pour les prendre au sérieux.

Les mouches sont reines, des reines aux couronnes usurpées.
Et l'vinaigre dans mes veines? Un bien mauvais souper.
Pas eu besoin de dérouillées pour filer droit,
Pas attendu de m'réveiller dans de beaux draps!

Mais plutôt être tricard que gratter leur pardon.
Il n'est jamais trop tard pour couper le cordon,
Quitte à sortir du chemin au prochain tournant.

Hors sol et hors du temps, j’en fais pas grand secret,
N’existant que dans l’instant. Seul compte le concret.
Ni hier ni demain, c’est ici et maintenant.

03. Les Crocs Limés

De grands lâchers de loups aux crocs limés à raz,
Spectacles sans clous, en dépit des apparats.
Des récits distordus, des duperies au nom
de fruits défendus, pourris jusqu’aux trognons.

Là sans vouloir l'être, attiré comme un aimant,
Forcé de me soumettre devant leurs errements.
Faut dire qu'ici on soigne les verrues au rasoir.
Pourvu que ça saigne, vite et dru... C’est l’abattoir!

Même les épouvantails échouent sur l’échafaud,
Et l'huile sur les feux d’paille, tant pis si ça sonne faux!
Mais quelles évidences supplieraient qu’on les martèle?

Vaut mieux la fosse commune, qu’une place chez ces maudits,
Tant que leurs vieilles lunes brilleront en plein midi.
Sans providence ni empyrée. Simples mortels.

04. Né Pour Trahir

Cracheur de brouillard, au point mort, à la ramasse,
À jouer les ignares, on s’en accommode, hélas!
Né pour trahir, l’infamie m'ira à ravir.
Vaut mieux quitter le navire, plutôt rat que martyr.

Des parties remises, volées par ce qui m’obsède;
Tétanisé, sans filet, sur une corde raide
vouée à s’affaisser. Longue et lente hémorragie.
Autant se débarrasser de toute nostalgie.

Un feu follet emporté par les vents de plomb,
Sans sépulcre et sans portrait. Dans la nuit charbon,
Mes diables se font bleus, du bleu des ecchymoses.

Contre-contre-nature, les pieds et poings déliés.
Contre-contre-nature, renversant chaque pilier
D’un même sang bilieux. Ainsi va l’ordre des choses.

05. Enfers Inoculés

J’ai le coeur bunker, emmuré dans le silence,
Éternelle sentinelle aux semelles de ciment.
Vaincus ou vainqueurs, au final, quelle différence?
Tout n’est que sempiternel recommencement.

Restera-t-il une seule statue pour applaudir,
Alors que l’on s’évertue à les enlaidir?
Frêles bras que l’on démembre à grands coups de burin,
Rien ne dure, même le marbre, on connait le refrain.

Choisir la pire solution au moindre non-problème!
Que des troupeaux sans chiens, des brebis égarées,
Aux opposées pulsions n'avançant qu'en tandem,
cherchant par tout moyens à s’entredévorer.

Faut-il que l’on s’émeuve de si infimes lésions
Quand les forces à l'oeuvre ne sont que des illusions?
Choisir la pire solution au moindre non-problème!

Des menaces d’effondrements maintes fois éculées.
De tiédasses transgressions s'imaginant suprêmes,
coupées de leurs fondements. Enfers inoculés!

06. Portes D'Ivoire

Comme un arrière-gout de cendres au fond du palais;
Nourri aux flasques mamelles du fatalisme,
Ce dont j'ai pu m'éprendre n'était qu'un pis-aller.
Mon masque se craquelle - et revoilà l'atavisme!

Hier à l'apogée, depuis mort et enterré,
Piégé je poursuis ce que jamais je n’verrai.

C’était plié d’avance, baisé depuis l’début,
Pas de froide vengeance, je paierai seul mon tribut.
Mes désirs s'arrêtent au seuil des portes d’ivoire,
Autant battre en retraite que faire semblant d'y croire.

Pour une larme d'extase sa pluie de renoncements,
L’échine qui s’écrase sous le poids des serments.
Autant fermer les yeux, assez pour encore naître,
Si ce qui m'est précieux est voué à disparaître.

Tromper l’attente la fleur au fusil ça m'perdra,
Aux heures éteintes pas une parousie ne viendra

07. Extrême-Onction

Ma langue humide sur les pieds des pestiférés,
Venu au monde comme incomplet, mal défloré.
Je ne m'améliore qu’ici, dans l’ombre de mon ombre;
Instants suspendus hors de cette chair qui m’encombre.

Je saurais pas mettre le doigt sur ce qui me guide…
Peut-être un sang trop froid pour les vipères perfides.
Que leurs mâchoires me mordent, je ne crains nul venin.
Coeur de miséricorde, tout poison m'est bénin.

Devant les flammes serein, sous leurs yeux effarés,
Tant leurs paroles ne valent rien, même vociférées.
Qu’ils réclament l’extrême-onction bien qu'encore debout,

Comme je les bafoue, dépourvus d’états d’âmes!
Quand sautent leurs gardes-fous, voyez ce qui s'y trame :
De blanches intentions, toutes pétries de la même boue